Interview : priorité à la bifurcation écologique plutôt qu’à la guerre
Dans un monde où des milliards sont mobilisés pour produire et acheter des armes, il est consternant de constater que les ressources nécessaires pour combattre la seule guerre certaine, celle contre le dérèglement climatique, restent insuffisantes. Il est temps de changer de cap et de mobiliser massivement les budgets pour une bifurcation écologique, juste et durable.
L’économie de guerre : un prétexte pour l’injustice fiscale
L’argument de l’économie de guerre est souvent utilisé pour justifier des politiques budgétaires qui aggravent les inégalités sociales et perpétuent une injustice fiscale. Sous couvert de répondre à des menaces, on impose des régressions sociales, tout en jouant sur la peur et la sidération pour limiter les contestations.
Mais la défense ne peut être l’affaire d’une élite ou d’intérêts privés. Elle doit être démocratique, transparente et décidée avec le peuple, et non contre lui. Les choix budgétaires doivent refléter les priorités réelles : protéger notre planète et garantir un avenir viable pour tous.
Une bifurcation écologique urgente et vitale
Face à l’urgence climatique, il est impératif de réorienter nos budgets vers des politiques écologiques ambitieuses. Cela signifie investir dans des énergies renouvelables, repenser nos modes de production et de consommation, et garantir une transition juste pour les travailleurs et les communautés les plus touchées.
La bifurcation écologique n’est pas un luxe, c’est une nécessité. Elle est la seule réponse viable à la crise climatique et à ses conséquences sociales, économiques et environnementales.
L’Europe et la défense : un échelon inadapté
Je ne crois pas à l’échelon européen pour la défense. Il n’existe pas de peuple européen unifié, et les décisions concernant les conflits doivent être prises par les citoyens, via leurs représentants souverains au niveau des États. L’Europe, telle qu’elle fonctionne aujourd’hui, est trop souvent soumise aux désiderata de Trump et de l’OTAN, ce qui limite sa capacité à agir de manière indépendante et démocratique.
Pour garantir une défense réellement démocratique et une transition écologique ambitieuse, nous devons reprendre le contrôle de nos institutions et de nos choix budgétaires. Cela passe par une mobilisation citoyenne forte, une exigence de transparence et une volonté politique de placer l’intérêt général au cœur des décisions.