Déplacement en Turquie pour soutenir le processus de paix entre le gouvernement et le peuple kurde.

Publié le 18 juin 2026, par Emmanuel Fernandes

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Avec une délégation du groupe de la Gauche unifiée européenne à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, nous avons effectué un déplacement en Turquie pour affirmer notre solidarité avec le parti DEM, membre de l’opposition turque, qui défend un programme pro-démocratie, anti-patriarcal, anti-raciste, écologiste et pour la justice sociale. Ce déplacement avait également pour but d’afficher notre solidarité avec le peuple kurde et d’appeler à des réalisations concrètes et rapides dans le processus pour la paix et une société démocratique, auquel participe le gouvernement turc et les représentants des Kurdes, dont Abdullah Öçalan depuis sa prison d’Imrali. Parmi ces premières étapes concrètes, outre la finalisation du désarmement du PKK, doit notamment être mis en œuvre le « droit à l’espoir » et l’amélioration des conditions de détention pour M. Öçalan, afin d’atteindre les standards de la Convention européenne des droits de l’Homme dont la Turquie est signataire.

La première étape de notre déplacement nous a permis de nous rendre à Dyiarbakir, ville historique de l’Est de la Turquie, à majorité kurde. Nous avons pu y rencontrer des membres du collectif des Peace Mothers, ces mères qui ont perdu un ou plusieurs enfants dans le conflit armé entre Turcs et Kurdes, et qui aspirent au dépôt définitif des armes et à la paix entre les communautés, rendue possible par un processus politique et démocratique solide et sincère.

S’en est suivie une réunion, à la mairie de Dyiarbakir, avec son co-maire M. Doğan Hatun et plusieurs co-maires de municipalités qui ont été démis de leurs mandats par le gouvernement et remplacés par des administrateurs à sa main. Nous leur avons exprimé notre soutien et appelons de nos vœux leur réhabilitation dans leurs mandats, acquis légitimement par une majorité des suffrages dans leurs communes respectives.

En fin de journée, après une visite de sites historiques emblématiques de Dyiarbakir, nous avons rencontré le binôme paritaire responsable du parti DEM de Dyiarbakir, l’occasion d’échanges inspirants notamment au sujet des bonnes pratiques permettant d’atteindre un environnement militant propice à l’engagement des femmes au même niveau que les hommes.

Lors de la deuxième journée, nous nous sommes rendus à Ankara, capitale de la Turquie, où nous avons remis au ministère de la Justice une demande officielle de notre délégation pour obtenir un droit de visite de M. Öçalan, détenu dans la prison de l’île d’Imrali dans des conditions contraires aux droits humains, alors même qu’il est l’un des interlocuteurs du processus de paix en cours. A cette occasion, nous avons tenu une conférence de presse afin d’expliquer notre démarche : nous appelons toutes les parties prenantes des négociations en cours à franchir les prochaines étapes, concrètes et courageuses, à même d’atteindre la démocratisation de la Turquie et de contribuer ainsi à la stabilité et la paix au Moyen-Orient.

Par la suite, nous nous sommes rendus au siège national du parti DEM pour y rencontrer sa co-présidente Mme Tülay Hatimoğulları, à laquelle nous avons renouvelé notre soutien et notre solidarité. Nous avons notamment abordé les modalités concrètes dont nous disposons comme membres de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe pour contribuer à l’amélioration des droits humains, de l’Etat de droit et de la démocratie en Turquie et dans l’ensemble des Etats membres.

Après un déjeuner avec les membres de la « délégation d’Imrali », négociateurs avec le gouvernement turc dans le cadre du processus de paix mené avec les Kurdes, et qui rencontrent régulièrement M. Öçalan dans sa prison dans le cadre de ces négociations, nous nous sommes rendus au Parlement turc pour un échange de vues avec des représentants des différents groupes politiques composant l’assemblée de Turquie : tous ont affirmé leur volonté d’aboutir à une paix durable dans le pays.

Pour terminer ce deuxième jour, nous avons dîné avec des membres de plusieurs ONG turques (syndicats et associations), qui nous ont fait état des répressions dont ils sont les victimes.

Enfin, lors de la dernière matinée, nous avons été reçus par l’ambassadeur de l’Union Européenne en Turquie.

Si nous avons pu constater le long chemin qu’il reste à parcourir pour qu’advienne une Turquie pleinement démocratique, ce déplacement nous a également permis d’entrevoir le chemin étroit, ouvert par l’initiative du processus de paix visant à apporter enfin une solution démocratique à la question kurde, dont bénéficieront, au-delà des Kurdes eux-mêmes, l’ensemble des habitants de la Turquie et au-delà, ceux du Moyen-Orient et d’Europe.

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