Alerte sur les droits fondamentaux en Europe : une remise en cause inacceptable de la Convention européenne des droits de l’Homme

Publié le 24 mars 2026, par Emmanuel Fernandes

Toutes nos actualités

En décembre 2025, j’ai alerté sur une situation particulièrement préoccupante pour les droits fondamentaux en Europe. À la suite d’une conférence ministérielle tenue au Conseil de l’Europe à Strasbourg, une déclaration commune signée par 27 États membres ouvre la voie à des remises en cause profondes de la Convention européenne des droits de l’Homme.

Ces prises de position constituent une attaque directe contre des principes juridiques essentiels, au moment même où cette Convention demeure l’un des piliers de la protection des droits en Europe.

La menace d’un retour de la « double peine »

Parmi les demandes de ces Etats figure la volonté de normaliser la « double peine » pour les étrangers condamnés. Une telle mesure remettrait en cause l’article 8 de la Convention, qui garantit le respect de la vie privée et familiale.

Il s’agit d’un recul majeur, instaurant une différenciation de traitement fondée sur la nationalité et fragilisant un principe fondamental d’égalité devant le droit.

L’affaiblissement de l’interdiction des traitements inhumains

Plus grave encore, certains États proposent de restreindre le champ d’application de l’article 3 de la Convention, qui prohibe de manière absolue la torture ainsi que les traitements inhumains ou dégradants.

Cette remise en cause vise notamment à faciliter les expulsions vers des pays tiers, y compris lorsque les conditions d’accueil contreviennent aux droits humains.

Une remise en cause du rôle de la Cour européenne des droits de l’Homme

La déclaration évoque également un affaiblissement de la portée des décisions de la Cour européenne des droits de l’Homme. Or, ces décisions constituent un élément central de la garantie effective des droits fondamentaux.

Remettre en cause leur autorité reviendrait à fragiliser l’ensemble du système de protection des droits en Europe.

Une offensive ciblée contre les personnes migrantes

Ces propositions s’inscrivent dans une dynamique politique plus large, visant à remettre en cause l’universalité des droits humains, en particulier pour les personnes migrantes.

Elles traduisent une banalisation de discours et de mesures qui tendent à considérer certaines catégories de population comme moins dignes de protection, ce qui est incompatible avec les fondements mêmes de l’État de droit.

Réaffirmer l’universalité des droits fondamentaux

Face à ces dérives, il est indispensable de rappeler que les droits humains ne sont pas à géométrie variable. Ils s’appliquent à toutes et tous, sans distinction.

J’appelle à une position claire et ferme des autorités françaises et des institutions européennes pour s’opposer à ces orientations et défendre sans ambiguïté la Convention européenne des droits de l’Homme.

Défendre un acquis fondamental

Alors que la Convention célèbre son 75e anniversaire, ces remises en cause rappellent qu’aucun acquis n’est définitivement garanti.

La défense des droits fondamentaux exige une vigilance constante. C’est à cette condition que nous pourrons préserver un cadre juridique protecteur pour l’ensemble des citoyens européens.

Articles similaires

Soutien aux enseignant·es en grève

Assemblée
Depuis 2017, plus de 8 000 postes d’enseignant·es ont été supprimés dans le second degré. Derrière ces chiffres, il y a une réalité que chacun peut constater : des classes surchargées, des conditions d’enseignement dégradées, et une pression toujours plus forte sur les personnels. La Macronie demande à l’Éducation nationale de faire toujours plus… avec […]
Lire la suite

Médecine scolaire : l’urgence d’agir face à une pénurie organisée

Assemblée
Le 15 septembre dernier, à la suite d’un courrier que je lui avais adressé pour alerter sur l’effondrement de la médecine scolaire, Madame Élisabeth Borne affirmait vouloir « renforcer la présence sanitaire » dans les établissements et rendre ces métiers plus attractifs. Sur le papier, ces engagements vont dans le bon sens. Mais dans les […]
Lire la suite

Tracts néo-nazis à Mulhouse : refusons la banalisation de l’extrême droite

Circonscription
Des tracts suprémacistes et antisémites ont à nouveau été distribués à Mulhouse. Ce document, d’une violence extrême, reprend les codes et les discours les plus abjects de l’idéologie néo-nazie : racisme, antisémitisme, appel à la haine et à la division. Ce n’est pas la première fois que de tels faits se produisent sur notre territoire. […]
Lire la suite