Liquidation du centre UZAJE: un coup dur pour la filière du réemploi en France.

Publié le 26 mai 2026, par Emmanuel Fernandes
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La liquidation judiciaire du centre Uzaje du Port du Rhin à Strasbourg constitue un choc majeur pour l’ensemble de la filière du réemploi en France et en Alsace. Derrière cette fermeture, ce sont des dizaines de personnes privées d’emplois, des investissements fragilisés et surtout la démonstration que l’écologie à la sauce Macron est une imposture

Uzaje : une entreprise pionnière du réemploi

Créée en 2019, l’entreprise Uzaje s’était imposée comme l’un des principaux acteurs français du lavage industriel et du réemploi des bouteilles. Son activité consistait à collecter, laver et remettre en circulation des bouteilles en verre. 

Le centre de Strasbourg, situé au Port du Rhin, était à l’avant-garde de cette filière émergente. Doté d’une machine capable de laver jusqu’à 10 000 bouteilles par jour, il répondait directement aux objectifs fixés par la loi AGEC, la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire, dont le décret d’application prévoit une trajectoire progressive visant à atteindre au moins 10 % d’emballages réemployés ou réutilisés d’ici 2027.

Le développement de structures comme Uzaje devait permettre à la France de sortir progressivement du tout-jetable et de réduire la pollution liée aux emballages plastiques à usage unique.

Une liquidation aux lourdes conséquences

Je déplore amèrement la liquidation du centre Uzaje au Port du Rhin, actée par la décision du tribunal de Bobigny.

Cette fermeture est un événement grave pour la filière du réemploi.  Parce qu’il n’a pas été suffisamment accompagné par la puissance publique sur le temps long, parce qu’un grand nombre d’acteurs et d’industriels n’ont pas respecté la loi AGEC, et parce que les moyens de contrôle sont absents, ce centre est aujourd’hui liquidé.

Cette fermeture a une incidence directe sur la filière du réemploi en Alsace et dans toute la France. Elle marque une régression dans le respect des objectifs légaux sur le réemploi et constitue un très mauvais signal pour l’environnement et la lutte contre la pollution des plastiques, notamment ceux à usage unique.

Au-delà des enjeux écologiques, cette décision aura aussi des conséquences humaines importantes : 45 personnes seront bientôt privées d’emploi à Strasbourg du fait de cette fermeture. Je veux leur apporter toute ma solidarité, ainsi qu’à leurs proches.

Le plus insupportable est qu’en même temps, la France verse 1,5 milliards d’euros d’amende à l’Union européenne pour non-respect des objectifs de réemploi. S’il fallait encore le prouver, encore une démonstration que la Macronie est incapable de planifier résolument la transition écologique.

Le gouvernement doit prendre ses responsabilités !

Face à cette situation, j’ai remis en main propre, le 19 mai dernier, un courrier au ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, afin d’alerter le gouvernement sur la situation de la filière du réemploi et sur les conséquences de la liquidation d’Uzaje.

Je me rendrai prochainement au ministère pour échanger avec le cabinet du ministre sur ce dossier.

Dans cette lettre, j’ai demandé au gouvernement quelles mesures il comptait prendre afin de faire respecter les objectifs fixés par la loi AGEC.

Je souhaite également que soient mis en œuvre des mécanismes d’indemnisation pour les acteurs économiques qui ont investi afin d’être en capacité d’atteindre les seuils de réemploi prévus par la loi, mais qui se retrouvent aujourd’hui pénalisés par l’absence de soutien suffisant et par le non-respect des obligations par certains industriels.

Je me rendrai prochainement au ministère pour échanger avec le cabinet du ministre sur ce dossier.

Défendre une véritable politique du réemploi

La transition écologique ne peut pas reposer uniquement sur les collectivités, les salariés et quelques entreprises pionnières. Lorsque des acteurs investissent pour répondre aux objectifs fixés par la loi, l’État doit garantir des règles claires, des contrôles effectifs et une visibilité économique de long terme.

La fermeture d’Uzaje ne doit pas devenir le symbole du renoncement français en matière de réemploi. Elle doit au contraire conduire à un sursaut politique afin de structurer durablement cette filière essentielle pour réduire nos déchets, préserver les ressources et lutter contre la pollution plastique.

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