Dumarey-Powerglide : mobilisation des salariés et soutien face aux suppressions de postes

Publié le 20 octobre 2024, par Emmanuel Fernandes

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À Strasbourg, l’usine Dumarey-Powerglide est au cœur d’une crise sociale d’ampleur. Près de 248 postes vont être supprimés dans cette entreprise, spécialisée dans la production de boîtes de vitesses. Depuis l’annonce en octobre, les salariés se mobilisent pour dénoncer les conditions de départ jugées insuffisantes et précaires. Pour de nombreux travailleurs, dont certains cumulent plus de 30 ans d’ancienneté, le manque de garanties et la faiblesse des indemnités proposées par la direction suscitent une profonde inquiétude.

Une industrie en crise : le cas de Dumarey-Powerglide

Cette restructuration est symptomatique d’une crise plus large touchant l’industrie automobile européenne. Avec la fin des commandes de son principal client, l’usine perd 85 % de son chiffre d’affaires. Le client est frappé par un recul général des ventes de véhicules thermiques et a donc décidé de réduire drastiquement ses approvisionnements en boîtes de vitesses pour des voitures thermiques, ce qui a entraîné une chute d’activité pour Dumarey-Powerglide.

Pour les salariés, ce plan social met fin à des carrières entières sans aucune garantie de retrouver un emploi stable. J’ai par exemple discuté avec Alain, proche de la retraite, qui s’inquiète de devoir repartir de zéro après des années de loyaux services, mais également avec Régine, à quelques années de la retraite également, qui craint de finir avec des emplois précaires au SMIC.

Des négociations tendues et des perspectives sombres

Face à la colère des employés, la direction a proposé un fonds de garantie de 60 millions d’euros pour financer ce plan social. Les négociations sont tendues et avancent difficilement : la direction affirme manquer de moyens, alors que les syndicats dénoncent un montant insuffisant pour garantir des départs décents. Ils rappellent que certains salariés n’ont aucune qualification autre que celle acquise à l’usine et qu’ils risquent de se retrouver sans possibilité de reconversion.

Un soutien politique engagé

Dans ce contexte tendu, je me suis impliqué activement aux côtés des salariés. Dès les premières manifestations, j’ai participé aux rassemblements, montrant un soutien sans réserve aux revendications des employés de Dumarey-Powerglide. L’objectif était non seulement d’apporter une visibilité médiatique à leur cause, mais a également d’interpeller Marc Ferracci, secrétaire d’État chargé de l’Industrie, sur les conséquences humaines de cette restructuration.

Lors d’une intervention à l’Assemblée nationale, j’en ai profité pour insister sur la nécessité d’une intervention de l’État pour empêcher la destruction de l’industrie automobile en Alsace et pour offrir des garanties dignes aux employés touchés par cette crise. J’ai appelé à un plan de reconversion et à un soutien financier de l’État pour pallier les défaillances de l’entreprise.

Une mobilisation qui s’amplifie

Les salariés et les syndicats ont organisé plusieurs manifestations, dont une marche le 28 septembre dans les rues de Strasbourg, rassemblant employés et citoyens en solidarité. À travers ces actions, les syndicats cherchent à faire pression sur la direction pour obtenir de meilleures indemnités, mais aussi à sensibiliser l’opinion publique à la précarisation de nombreux secteurs industriels en France.

À ce jour, l’avenir des employés de Dumarey-Powerglide reste incertain. Les négociations se poursuivent, mais les salariés continuent d’espérer un plan social équitable qui prenne en compte leur ancienneté et leur investissement dans l’entreprise. Le soutien des élus pourrait faire pencher la balance en faveur des travailleurs, mais pour l’instant, les propositions de la direction sont jugées insuffisantes.

Pour la région de Strasbourg, cette restructuration est un symbole de la désindustrialisation et des défis économiques liés à la transition écologique, qui pousse l’industrie automobile à se réinventer rapidement. Mais sans mesures de protection suffisantes, ce sont les travailleurs qui en paient le prix. La mobilisation des salariés de Dumarey-Powerglide est donc un appel à repenser les politiques industrielles et sociales pour éviter que d’autres salariés ne se retrouvent dans la même situation.

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