Urgence Santé Scolaire : mon appel au Gouvernement
La santé de nos enfants est essentielle à leur épanouissement et leur réussite scolaire. Pourtant, en France, notre système de médecine scolaire, pourtant essentiel, est en danger de mort. C’est pourquoi, après avoir soutenu la manifestation massive des professionnels de santé de l’éducation nationale, j’ai décidé de déposer une question écrite au gouvernement, alertant directement la Ministre de l’Éducation sur cette situation critique. Il est temps qu’Élisabeth Borne prenne ses responsabilités et agisse dans l’intérêt de nos jeunes.
Un pilier essentiel de la santé en péril
Chaque année, ce sont 18 millions de consultations médicales qui ont lieu dans le secondaire. C’est un chiffre colossal, équivalent aux passages aux urgences en 2019 et qui témoigne de l’importance capitale de la santé scolaire. Elle représente un pilier essentiel de notre système de santé, garantissant que nos élèves puissent apprendre et grandir dans les meilleures conditions.
La réalité sur le terrain est plus qu’alarmante :
- 1 jeune sur 5 (15-24 ans) souffre de détresse psychologique sévère, comme le révèle l’UNICEF.
- Nous observons une hausse préoccupante des gestes suicidaires chez les 11-17 ans, selon Santé publique France.
- Et un million d’enfants sont victimes de harcèlement scolaire.
Ces chiffres ne sont pas de simples statistiques, ils représentent la souffrance réelle de milliers de jeunes, qui ont désespérément besoin d’un soutien et d’un accompagnement adaptés. Malheureusement, nos personnels de santé scolaire, qu’ils soient médecins ou infirmiers, sont en première ligne face à ces défis. Ils sont dévoués, mais leurs moyens sont dramatiquement insuffisants. L’exemple de l’Alsace est frappant : il manquerait 1100 infirmières scolaires pour assurer un encadrement satisfaisant de nos élèves.

Dans mon propre département, le Bas-Rhin, la situation est particulièrement critique :
- Nous comptions 17 médecins scolaires en 2022.
- Ce chiffre est tombé à 14 en 2024.
- La projection pour 2026 n’est que de 4 médecins scolaires !
Au niveau national, nous n’avons que 900 médecins scolaires pour plus de 12 millions d’élèves. Ces chiffres sont insoutenables et montrent l’effondrement progressif de ce service public vital.
Des conséquences directes et la nécessité d’une action urgente
La précarisation des moyens alloués à la santé scolaire a des conséquences directes : une forte perte d’attractivité pour ces métiers. Un infirmier scolaire sur trois envisage de quitter la profession. Pire encore, les annonces gouvernementales récentes risquent de ponctionner encore davantage les effectifs existants sur le terrain, pour y ajouter une nouvelle couche administrative.

Je suis convaincu que l’externalisation ou les simples réorganisations administratives sont largement insuffisantes. Pour répondre à l’urgence et garantir un véritable service public de santé scolaire, seuls des moyens humains et financiers massifs permettront de faire face à la situation !
Mes Demandes Claires à la Ministre
C’est pourquoi j’appelle solennellement la Ministre de l’Éducation à prendre ses responsabilités et à agir concrètement en :
- Créant massivement des postes de médecins et d’infirmières scolaires.
- Revalorisant les salaires et les carrières de ces professionnels essentiels.
- Améliorant drastiquement leurs conditions de travail.
- Maintenant les infirmeries scolaires au sein même des établissements, garantes d’une proximité et d’une prise en charge rapide.

Garantir le droit à la santé pour chaque élève, ce n’est pas une option, c’est un impératif et un respect de la Convention internationale des droits de l’enfant. La France a le devoir de permettre aux générations futures de grandir dans un environnement qui favorise leur apprentissage tout en préservant pleinement leur santé physique et mentale. C’est notre responsabilité collective.