Grande mobilisation à Mertzwiller contre les suppressions de postes chez De Dietrich – BDR Thermea
Ce samedi 5 juillet, plus de 2000 personnes se sont rassemblées à Mertzwiller pour dénoncer le plan social annoncé par le groupe BDR Thermea (ex-De Dietrich), menaçant 370 emplois en France et 320 sur le seul site alsacien. Face à l’intensification des délocalisations et à la recherche systématique de rentabilité au détriment des salariés, syndicats, élus et habitants ont unis leurs voix pour exiger l’intervention du gouvernement.
Un plan social d’ampleur : 370 suppressions de postes
Le 20 mai, la direction de BDR Thermea a confirmé la suppression progressive de 370 postes en France, dont 320 dans la production à Mertzwiller. Fondé en 1684, le site emploie aujourd’hui environ 800 salariés et concentre la fabrication de pompes à chaleur et chaudières domestiques.
L’entreprise justifie ces réductions par une baisse spectaculaire de ses ventes en 2023 :
- – 14 % pour les pompes à chaleur
- – 22 % pour les chaudières murales
- – 33 % pour les chaudières au sol
Cette baisse des ventes a entraîné un déficit de 17 millions d’euros la même année. La direction l’attribue à la concurrence asiatique et à la contraction des aides publiques. La cessation progressive de la production est programmée entre début 2026 et fin 2027, laissant planer l’incertitude sur l’avenir industriel de Mertzwiller.
Une marche blanche… et rouge : solidarité et colère
Répondant à l’appel de l’intersyndicale (FO, CGT, CFE-CGC), salariés et retraités, élus locaux et habitants ont parcouru les rues de Mertzwiller vêtus de blanc et de rouge : une « marche blanche » pour symboliser la mort annoncée de leur outil de travail, rehaussée du rouge de la lutte. Jusqu’à 3500 participants selon les syndicats.

Des personnes y ont travaillé pendant 47 ans, ce n’est pas seulement une usine qu’on ferme, c’est un pilier économique et social pour tout un territoire…
Élus et syndicats unis contre la délocalisation
Dès le 30 juin, une tribune signée par plus de 40 élus (de la Collectivité européenne d’Alsace aux parlementaires nationaux) et responsables syndicaux dénonçait la fermeture de l’« une des plus anciennes usines de France » et l’absence de stratégie industrielle pour la rénovation thermique du bâti. Ils mettaient en cause, notamment, la diminution des aides à la rénovation énergétique (MaPrimeRénov’) et appelaient à un soutien politique pour contraindre les actionnaires à reconsidérer leur plan.
Les représentants de la CGT et de FO ont également réclamé une mobilisation accrue des pouvoirs publics en estimant qu’il y a des leviers à actionner au niveau politique et au niveau économique, pour empêcher cette délocalisation.
Quelles perspectives pour les salariés ?
Un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) court jusqu’au 3 octobre 2025. D’ici là, salariés et syndicats entendent négocier reclassements internes, formations et aides à la reconversion. Mais beaucoup craignent que la fermeture programmée n’entraîne une hémorragie de compétences et un désert industriel. Au-delà de l’usine, c’est toute une filière locale (sous-traitants, commerces de proximité, services publics) qui pâtira de cet exode.
Face à l’ampleur de la mobilisation et à l’enjeu pour le territoire, les syndicats et élus interpellent directement le gouvernement pour qu’il engage une révision de la politique industrielle et une intervention concrète afin de sauver les emplois et les savoir-faire. La question reste ouverte : jusqu’à quand la France acceptera-t-elle les délocalisations dans un secteur pourtant stratégique pour sa transition énergétique ?