Découverte de l’habitat inclusif ARASC à Strasbourg : une révolution à généraliser
Ce vendredi, j’ai eu le privilège d’être invité par Ryad Besseghir, jeune homme en fauteuil, à découvrir son quotidien dans son appartement en habitat inclusif, géré par l’ARASC à Strasbourg. Installé au cœur d’un quartier accessible, ce logement adapté permet à des personnes âgées ou en situation de handicap de vivre en toute autonomie, tout en bénéficiant d’un accompagnement humain et d’espaces partagés.
L’association ARASC a lancé son service « Habitat Inclusif » en 2019 pour proposer une troisième voie entre le maintien à domicile isolé et l’entrée en établissement. Les locataires signent un bail classique mais disposent, en fonction de leur plan d’aide, d’une permanence d’aide humaine 24 h/24. Ils peuvent ainsi appeler, à tout moment, des auxiliaires de vie pour leurs soins, mais aussi participer librement aux activités conviviales organisées dans la salle commune.

L’appartement de Ryad est un T2 de 45m², entièrement accessible, équipé d’une cuisine aménagée, d’une grande salle de bain adaptée et d’un salon lumineux ouvrant sur un espace partagé. Dans cet environnement sécurisé, il accueille ses proches quand il le souhaite et reste maître de son quotidien. Ryad m’a expliqué comment l’habitat inclusif lui avait redonné confiance après des années de parcours chaotique, lui permettant de concilier indépendance et solidarité.
Après la visite, j’ai assisté à sa conférence « Ma vie à 4 roues », au cours de laquelle Ryad a partagé ses défis quotidiens et ses victoires personnelles. Il a évoqué les démarches administratives, l’accès aux soins et la recherche de mobilité adaptée, mais aussi ses projets futurs : reprendre des études, militer pour l’accessibilité universelle et sensibiliser les jeunes au handicap. Son témoignage rappelle que le handicap n’est pas une fatalité, et que le cadre de vie influe profondément sur l’équilibre psychologique et social.

Ce dispositif, bien qu’encore marginal, constitue une solution innovante pour répondre aux enjeux du vieillissement et de l’inclusion. Il réduit la précarité, rompt l’isolement et anticipe les besoins en soins. À l’heure où la France peine à proposer des alternatives entre domicile et institution, l’habitat inclusif mérite d’être généralisé sans délai pour offrir à chacun le droit de vivre dignement et de tisser du lien social.
L’avenir de nos politiques sociales passe par l’amplification de ce modèle. Je m’engage à porter cette expérience au Parlement et auprès des collectivités pour que, partout en France, chaque citoyen puisse choisir un logement inclusif adapté à sa situation.